Près de chez moi
la rivière caresse les rochers
le courant ne cherche pas à les déplacer
la force de l’eau est de contourner les obstacles
bien sur elle érode lentement les berges mais ce n’est pas intentionnel
elle ne fait que passer
Nous ne faisons que passer nous aussi
le temps de ce passage
difficile d’admettre que notre cours puisse influer maladroitement sur notre environnement
voire blesser inconsciemment
Souvent l’eau laisse les agressions de coté
mais si on l’arrête sans raison
face au barrage
la rivière déborde
elle entre en crue
contrainte et forcée
cherche une issue
poussée par son élan naturel
suivre son cours en paix
Au plus fort du débordement
les dégâts peuvent être considérables
une caravane décapotée par un pont
une petite fille sur un toit au milieu d’une mer boueuse qui monte
qui monte
L’acharnement de l’adversaire à vouloir combattre n’est que la recherche d’une réponse justifiant sa colère
mais la hargne peut être contagieuse
peut-on apprendre à laisser les éléments s’agiter à leur guise
plutôt que systématiquement chercher la maîtrise
La rivière préfère consacrer son énergie à abreuver les champs
déposer de fertiles limons
regarder les graines germer
contempler les fleurs
partager les fruits
S’il vous plait lorsque j’rai embrasser mes ancêtres
réincarnez-moi en ruisseau
en attendant je vais travailler mon sens de l’esquive et l’art de l’éclaboussure
je finirais peut-être par apprécier mes clapotis
sans doute davantage que de claquer autrui
avec un peu d’entrainement j’arriverais à ne plus sortir de mon lit
juste illuminé de grands éclats de rives
Les cris du jour ou l'écrit du jour ? C'est peut-être le texte de la semaine (et pourquoi pas de l'année ?!!!!)
directement sorti de mon inspiration poétique, où chacun est libre de traverser la frontière entre fiction et réalité...
Bonnes lectures !
lundi 30 mars 2020
samedi 28 mars 2020
Une belle journée
Le jour se lève avec amour
des baisers plein les tartines
des câlins à la framboise
et du café chaud
les aboiements s’éloignent
scories de cauchemars oubliées
je secoue l’oreiller pour le débarrasser de ces pellicules insignifiantes
les clés en profitent pour s’enfuir avec pertes et profits
la journée sera belle
au soleil entre amis
Cette nuit nos chaussures ont dormi à l’intérieur
fini le temps des pestiférés
la vie a laissé filer quelques importants
la mort a aussi emporté son lot de nuisibles
le bal a rouvert ses portes
nous reprenons la danse
d’un pas léger je quitte le bitume
La nuit fut longue
déchirée de cris et de larmes
dont le ciel ne garde aucun souvenir
le sentier s’ouvre à nos nouveaux élans
rien ne presse
je prends le temps d’un regard en arrière
les éclosions font des claquettes sur le plomb fondu
De nouveau l’appel du muezzin retentit
le vent m’apporte des nouvelles de sa meilleure amie
elle revient d’une expédition lointaine
ses empreintes sont encore fraiches sur le sable
je m’enveloppe de cette soyeuse caresse
la promenade s’annonce sereine
la compagnie se remet en route
avec ses satellites
ses inséparables
les gourmands
les inquiets
les aventuriers
les contemplatifs
les joueurs
les rêveurs
Bien malin qui prétendrait savoir où nous allons
qu’importe
la destination est sans intérêt
personne n’a l’intention de s’attarder
les pauses sont suffisantes
pourquoi les faire durer davantage que le temps de cuire le pain
désormais rien ne nous oblige à manger à table
notre nourriture est en route
chaque enjambée nous offre sa part de joie
saupoudrée tantôt de feu
parfois de bois
le chant des porteurs de plumes épice notre ballade
chacun joue sa note basse ou flûtée
C’est décidément une belle journée
rien ne l’entrave
les uns la poursuivent tranquillement
les autres aussi
les obstacles nous évitent
les vulnérables veillent sur les plus forts
nous avons bien fait de sortir sans parapluie
l’averse a fait naître tant de fleurs
des baisers plein les tartines
des câlins à la framboise
et du café chaud
les aboiements s’éloignent
scories de cauchemars oubliées
je secoue l’oreiller pour le débarrasser de ces pellicules insignifiantes
les clés en profitent pour s’enfuir avec pertes et profits
la journée sera belle
au soleil entre amis
Cette nuit nos chaussures ont dormi à l’intérieur
fini le temps des pestiférés
la vie a laissé filer quelques importants
la mort a aussi emporté son lot de nuisibles
le bal a rouvert ses portes
nous reprenons la danse
d’un pas léger je quitte le bitume
La nuit fut longue
déchirée de cris et de larmes
dont le ciel ne garde aucun souvenir
le sentier s’ouvre à nos nouveaux élans
rien ne presse
je prends le temps d’un regard en arrière
les éclosions font des claquettes sur le plomb fondu
De nouveau l’appel du muezzin retentit
le vent m’apporte des nouvelles de sa meilleure amie
elle revient d’une expédition lointaine
ses empreintes sont encore fraiches sur le sable
je m’enveloppe de cette soyeuse caresse
la promenade s’annonce sereine
la compagnie se remet en route
avec ses satellites
ses inséparables
les gourmands
les inquiets
les aventuriers
les contemplatifs
les joueurs
les rêveurs
Bien malin qui prétendrait savoir où nous allons
qu’importe
la destination est sans intérêt
personne n’a l’intention de s’attarder
les pauses sont suffisantes
pourquoi les faire durer davantage que le temps de cuire le pain
désormais rien ne nous oblige à manger à table
notre nourriture est en route
chaque enjambée nous offre sa part de joie
saupoudrée tantôt de feu
parfois de bois
le chant des porteurs de plumes épice notre ballade
chacun joue sa note basse ou flûtée
C’est décidément une belle journée
rien ne l’entrave
les uns la poursuivent tranquillement
les autres aussi
les obstacles nous évitent
les vulnérables veillent sur les plus forts
nous avons bien fait de sortir sans parapluie
l’averse a fait naître tant de fleurs
mercredi 25 mars 2020
L’anchois
Vous connaissez cette acidité salée
ce goût à la limite du supportable
chacun a ses dégouts
le mien c’est l’anchois
le contraire du choix
cette aigreur
cette amertume
cette amer tue mes décisions
il peut arriver d’être indécis
voire de regretter certains choix
il existe même des individus qui ne peuvent pas choisir
trop insupportable pour eux de devoir renoncer
parfois on subit les choix des autres
pas le choix
Comment réagir lorsque des choix s’imposent
sans que l’on puisse s’y opposer ?
vous n’aimez pas les anchois mais il n’y a pas d’autre plat
entre la peste et le choléra
vous choisissez quoi ?
tête brulée ou pas d’ça chez moi ?
la position du décideur n’est pas forcément la meilleure
celui qui subit la décision peut toujours reprocher à celui qui a décidé
ce dernier doit assumer de forcer l’autre à choisir les anchois
quelle alternative ?
l’anchois est-il évitable ?
a-t-on toujours l’anchois ?
si l’anchois n’existait pas pourrait-on s’en passer ?
par quelle autre voie passer ?
Les itinéraires bis
les sorties de sentiers battus
tant de possibilités de se perdre et de vivre en avant
à l’inverse des renvois que provoque l’anchois
ce poisson sans issue qui ne mène à rien à part au dégout
souvent on se range du coté de ce que nous offre la vie
tellement plus sage d’accepter ce qui vient
que de se borner à attendre d’être satisfait de tout en vain
La situation actuelle si exceptionnelle nous oblige à avaler des couleuvres
saviez-vous qu’anchois signifie dans un vieux patois "celle qui danse sur tes cendres"
les anciens employaient cette expression lorsqu’une personne se réjouissait du malheur des autres
on parlerait aujourd’hui de manipulatrice ou de perverse narcissique
le genre d’individu précédé par son haleine de poisson mort
une personne qui refoule et qu’on reconnait de loin
au boucan que font les casseroles qu’elle traine derrière elle
nous en croisons tous
de ces infâmes girouettes
Certaines sont suivies par des batteries de cuisine pour mijoter des sales coups
d’autres planquent leurs chaudrons
dans les coins sombres de leur personnalité en queue de poisson
et préparent en ricanant à gros bouillons des poisons pour distiller de fausses informations
qui s’insinuent dans nos esprits
comme une arête se coince dans la gorge à en étouffer
Leur point commun ?
changer d’avis
changer d’idée
prendre des décisions et en changer comme de chemise
au gré du vent
ne cherchez pas à les convaincre ni à les comprendre
elles sont toujours persuadées du bien fondé de leur position
qu’elle prétende la vérité ou son contraire
on ne peut jamais se fier à ses fientes fuyantes
restons sur nos gardes
vérifions nos sources
les sales petits poissons sont toujours prêts à mordre
Profitons du confinement pour nous tenir éloignés de ces bestioles dégoutantes
les dégouts me donnent des plaques
et vous ?
ce goût à la limite du supportable
chacun a ses dégouts
le mien c’est l’anchois
le contraire du choix
cette aigreur
cette amertume
cette amer tue mes décisions
il peut arriver d’être indécis
voire de regretter certains choix
il existe même des individus qui ne peuvent pas choisir
trop insupportable pour eux de devoir renoncer
parfois on subit les choix des autres
pas le choix
Comment réagir lorsque des choix s’imposent
sans que l’on puisse s’y opposer ?
vous n’aimez pas les anchois mais il n’y a pas d’autre plat
entre la peste et le choléra
vous choisissez quoi ?
tête brulée ou pas d’ça chez moi ?
la position du décideur n’est pas forcément la meilleure
celui qui subit la décision peut toujours reprocher à celui qui a décidé
ce dernier doit assumer de forcer l’autre à choisir les anchois
quelle alternative ?
l’anchois est-il évitable ?
a-t-on toujours l’anchois ?
si l’anchois n’existait pas pourrait-on s’en passer ?
par quelle autre voie passer ?
Les itinéraires bis
les sorties de sentiers battus
tant de possibilités de se perdre et de vivre en avant
à l’inverse des renvois que provoque l’anchois
ce poisson sans issue qui ne mène à rien à part au dégout
souvent on se range du coté de ce que nous offre la vie
tellement plus sage d’accepter ce qui vient
que de se borner à attendre d’être satisfait de tout en vain
La situation actuelle si exceptionnelle nous oblige à avaler des couleuvres
saviez-vous qu’anchois signifie dans un vieux patois "celle qui danse sur tes cendres"
les anciens employaient cette expression lorsqu’une personne se réjouissait du malheur des autres
on parlerait aujourd’hui de manipulatrice ou de perverse narcissique
le genre d’individu précédé par son haleine de poisson mort
une personne qui refoule et qu’on reconnait de loin
au boucan que font les casseroles qu’elle traine derrière elle
nous en croisons tous
de ces infâmes girouettes
Certaines sont suivies par des batteries de cuisine pour mijoter des sales coups
d’autres planquent leurs chaudrons
dans les coins sombres de leur personnalité en queue de poisson
et préparent en ricanant à gros bouillons des poisons pour distiller de fausses informations
qui s’insinuent dans nos esprits
comme une arête se coince dans la gorge à en étouffer
Leur point commun ?
changer d’avis
changer d’idée
prendre des décisions et en changer comme de chemise
au gré du vent
ne cherchez pas à les convaincre ni à les comprendre
elles sont toujours persuadées du bien fondé de leur position
qu’elle prétende la vérité ou son contraire
on ne peut jamais se fier à ses fientes fuyantes
restons sur nos gardes
vérifions nos sources
les sales petits poissons sont toujours prêts à mordre
Profitons du confinement pour nous tenir éloignés de ces bestioles dégoutantes
les dégouts me donnent des plaques
et vous ?
mardi 24 mars 2020
Solidarité
Ces jours-ci les voisins tondent, taillent et bientôt ils rentreront chez eux quand les jardins seront nus. Les arbres qui embellissaient mes fenêtres ont perdu la tête. Où les oiseaux iront-ils se percher ?
Aujourd’hui les Trois Becs avaient disparu. Ce n’était qu’une blague de brume. Mais si, à chaque fois que j’ouvre la fenêtre, il manque quelque chose, je vais finir par m’inquiéter !
Et si je changeais de regard ?
ce que je ne vois plus
ce qui est dans le brouillard
est-il encore à la vue d’autres que moi ?
je vais en tout cas le croire
c’est peut-être ça la solidarité ?
ce que je n’ai pas
d’autres l’ont
tant mieux pour eux
ce que j’ai
d’autres ne l’ont pas
tant mieux pour moi
l’idéal serait d’avoir assez chacun
c’est surement possible
à partir du moment où aucun ne veut tout pour lui
Si vous voyez les Trois Becs
embrassez-les pour moi
de mon coté je vais tacher de profiter au mieux de ce que j’ai et que d’autres n’ont pas
oublier le peu qui me manque et être
oui être
Heureux de cet amour qui m’enveloppe
heureux de ce toit qui me protège
heureux de ces mots en partage
heureux de ces échanges qui se multiplient à grande échelle pour soutenir
ceux qui souffrent
ceux qui les soignent
et ceux qui ont le pouvoir d’agir
heureux de ce mouvement qui s’intensifie
cette attention aux autres
heureux de rêver que de bonnes habitudes se prennent
La vague est là
nous sommes dedans
certains se noient
nombreux sont ceux qui leur portent secours
nous apprenons
bientôt nous saurons mieux nager
nous ferons corps
tout en gardant nos propres membres
nos cœurs continueront de battre sous nos peaux
Qu’importe l’heure à laquelle on applaudit médite ou prie
le fait d’orienter nos intentions vers un but commun est un apprentissage inédit de solidarité à grande échelle qui laissera son empreinte
comme la chute du mur
les printemps arabes
ou d’autres événements historiques
la nouveauté réside sans doute dans la façon dont nous nous unissons
chacun chez soi et non dans la rue
l’autre différence est que le motif n’est plus politique ou éthique
la légitimité de revendications sociales ou écologiques laisse la place à une question de survie
et si les groupes qui se réunissent à distance pour agir en pensée le font encore avec leur esprit
ils battent surtout dans un même cœur
cette énergie positive marquera notre époque
plus rien ne sera comme avant
Quand je ne verrai plus les Trois Becs
je ressentirai le bonheur de savoir que quelqu’un les contemple pour moi
Aujourd’hui les Trois Becs avaient disparu. Ce n’était qu’une blague de brume. Mais si, à chaque fois que j’ouvre la fenêtre, il manque quelque chose, je vais finir par m’inquiéter !
Et si je changeais de regard ?
ce que je ne vois plus
ce qui est dans le brouillard
est-il encore à la vue d’autres que moi ?
je vais en tout cas le croire
c’est peut-être ça la solidarité ?
ce que je n’ai pas
d’autres l’ont
tant mieux pour eux
ce que j’ai
d’autres ne l’ont pas
tant mieux pour moi
l’idéal serait d’avoir assez chacun
c’est surement possible
à partir du moment où aucun ne veut tout pour lui
Si vous voyez les Trois Becs
embrassez-les pour moi
de mon coté je vais tacher de profiter au mieux de ce que j’ai et que d’autres n’ont pas
oublier le peu qui me manque et être
oui être
Heureux de cet amour qui m’enveloppe
heureux de ce toit qui me protège
heureux de ces mots en partage
heureux de ces échanges qui se multiplient à grande échelle pour soutenir
ceux qui souffrent
ceux qui les soignent
et ceux qui ont le pouvoir d’agir
heureux de ce mouvement qui s’intensifie
cette attention aux autres
heureux de rêver que de bonnes habitudes se prennent
La vague est là
nous sommes dedans
certains se noient
nombreux sont ceux qui leur portent secours
nous apprenons
bientôt nous saurons mieux nager
nous ferons corps
tout en gardant nos propres membres
nos cœurs continueront de battre sous nos peaux
Qu’importe l’heure à laquelle on applaudit médite ou prie
le fait d’orienter nos intentions vers un but commun est un apprentissage inédit de solidarité à grande échelle qui laissera son empreinte
comme la chute du mur
les printemps arabes
ou d’autres événements historiques
la nouveauté réside sans doute dans la façon dont nous nous unissons
chacun chez soi et non dans la rue
l’autre différence est que le motif n’est plus politique ou éthique
la légitimité de revendications sociales ou écologiques laisse la place à une question de survie
et si les groupes qui se réunissent à distance pour agir en pensée le font encore avec leur esprit
ils battent surtout dans un même cœur
cette énergie positive marquera notre époque
plus rien ne sera comme avant
Quand je ne verrai plus les Trois Becs
je ressentirai le bonheur de savoir que quelqu’un les contemple pour moi
lundi 23 mars 2020
Sur mon perchoir
Posé sur mon perchoir
le vent me chuchote
des mots doux de mimosa
un air oublié ravive mes oreilles
la chanson du temps où on croisait des files d’attente devant les cinémas pas les boulangeries
Avant je croyais que le monde tournait à l’envers
les voitures toléraient les camions sur les autoroutes
aujourd’hui ils s’ennuient sans elles
les avions quadrillaient le ciel
depuis combien de temps
Deux milans s’en donnent à cœur joie
bien heureux de retrouver le calme des cieux
rien que pour eux
le temps semble faire une pause
laissant davantage de place aux pépiements du voisinage
même les enfants s’arrêtent
Comme par hasard
ils jouent à être des statues
demain ou quand je pourrai
j’achèterai du marbre
et j’apprendrai à me tailler sur place
posé près du cognassier
je contemplerai à loisir le sphinx colibri butiner ses fleurs de coins
La nuit peut venir
je n’ai pas froid
le vent me chuchote
des mots doux de mimosa
un air oublié ravive mes oreilles
la chanson du temps où on croisait des files d’attente devant les cinémas pas les boulangeries
Avant je croyais que le monde tournait à l’envers
les voitures toléraient les camions sur les autoroutes
aujourd’hui ils s’ennuient sans elles
les avions quadrillaient le ciel
depuis combien de temps
Deux milans s’en donnent à cœur joie
bien heureux de retrouver le calme des cieux
rien que pour eux
le temps semble faire une pause
laissant davantage de place aux pépiements du voisinage
même les enfants s’arrêtent
Comme par hasard
ils jouent à être des statues
demain ou quand je pourrai
j’achèterai du marbre
et j’apprendrai à me tailler sur place
posé près du cognassier
je contemplerai à loisir le sphinx colibri butiner ses fleurs de coins
La nuit peut venir
je n’ai pas froid
samedi 21 mars 2020
Heureusement les enfants
Heureusement pour nous
les enfants savent comment élargir l’espace
Ils contournent les rochers et repeignent les troncs coupés de la rivière à la craie
Laissez-leur un petit couloir et ils alignent les trophées d’une course de grenouilles
Ils se contentent d’un coin de table pour dessiner des menus de fête
Un morceau de carrelage leur suffit pour parcourir le monde et visiter des endroits magiques en lego
Leur imagination est sans frontières
Seuls les adultes peuvent inventer des choses aussi aberrantes que des barrages pour endiguer des torrents de larmes
Si vous perdez contact avec un ami
cherchez encore
il n’est peut-être pas si loin
il est seulement réfugié en enfance
ne vous étonnez pas de me voir avec lui
sauter à pieds joints dans les flaques
les enfants savent comment élargir l’espace
Ils contournent les rochers et repeignent les troncs coupés de la rivière à la craie
Laissez-leur un petit couloir et ils alignent les trophées d’une course de grenouilles
Ils se contentent d’un coin de table pour dessiner des menus de fête
Un morceau de carrelage leur suffit pour parcourir le monde et visiter des endroits magiques en lego
Leur imagination est sans frontières
Seuls les adultes peuvent inventer des choses aussi aberrantes que des barrages pour endiguer des torrents de larmes
Si vous perdez contact avec un ami
cherchez encore
il n’est peut-être pas si loin
il est seulement réfugié en enfance
ne vous étonnez pas de me voir avec lui
sauter à pieds joints dans les flaques
vendredi 20 mars 2020
Apprivoiser l’invisible
Comment apprivoiser cette terreur invisible
je vois les traits se raidir
une angoisse sourde nage dans l’ombre
Il me reste un peu de courage
pour prendre mes plumes à mon cou
le cœur empli de la force de ceux qui font face
leur abnégation me tracte
je me retiens aussi à mes correspondances amicales
leur élan m’entraine vers des rivages inconnus
à la découverte des îles de la patience
De précédentes navigations m’avaient offert quelques extraits du monde
de précieuses escales chez de lointains cousins de la même espèce
comment font-ils
se soucient-ils autant que nous de l’invisible
Enfant gâté j’ai toujours été libre d’aller où bon me semble
aujourd’hui l’étau se resserre progressivement
d’abord la culture puis l’éducation
tout du moins les lieux habituels s’éclipsent
quand rouvriront-ils
l’espace rétrécit
tout déplacement charrie son lot d’incertitudes
l’imaginaire dramatise
tandis que de véritables tragédies se jouent
le corps hésite entre recroquevillement et explosion
les uns toussent
les autres tremblent
aurons-nous assez
Et si pour apprivoiser l’invisible on le démasquait
la vie ne manque pas d’ironie
habituellement on cherche à faire tomber les masques
en ce moment on en manque
les héros de la santé font ce qu’ils peuvent
alors qu’ils ont été depuis si longtemps malmenés
seront-ils convenablement remerciés
Autre pan de notre monde en voie de disparition
le contact
les liens sociaux s’agrippent pour le moments
au fil de différentes toiles
bulles électromagnétiques
ondes d’énergie
vagues d’amour
prières sincères
nous enveloppent
à l’assaut de l’isolement
la communication est notre sauveur
je t’entends
tu m’écris
nous nous relions
mais sans contact
la peau se rafraichit
malgré le soleil printanier
malgré les flammes de nos chœurs chantants
le toucher manque
Quand au goût
l’approvisionnement est bancal
les ventres s’inquiètent
certains paniquent
Je me réfugie dans des sphères de silence
le vide semble un bon moyen d’apprivoiser l’invisible
je vois les traits se raidir
une angoisse sourde nage dans l’ombre
Il me reste un peu de courage
pour prendre mes plumes à mon cou
le cœur empli de la force de ceux qui font face
leur abnégation me tracte
je me retiens aussi à mes correspondances amicales
leur élan m’entraine vers des rivages inconnus
à la découverte des îles de la patience
De précédentes navigations m’avaient offert quelques extraits du monde
de précieuses escales chez de lointains cousins de la même espèce
comment font-ils
se soucient-ils autant que nous de l’invisible
Enfant gâté j’ai toujours été libre d’aller où bon me semble
aujourd’hui l’étau se resserre progressivement
d’abord la culture puis l’éducation
tout du moins les lieux habituels s’éclipsent
quand rouvriront-ils
l’espace rétrécit
tout déplacement charrie son lot d’incertitudes
l’imaginaire dramatise
tandis que de véritables tragédies se jouent
le corps hésite entre recroquevillement et explosion
les uns toussent
les autres tremblent
aurons-nous assez
Et si pour apprivoiser l’invisible on le démasquait
la vie ne manque pas d’ironie
habituellement on cherche à faire tomber les masques
en ce moment on en manque
les héros de la santé font ce qu’ils peuvent
alors qu’ils ont été depuis si longtemps malmenés
seront-ils convenablement remerciés
Autre pan de notre monde en voie de disparition
le contact
les liens sociaux s’agrippent pour le moments
au fil de différentes toiles
bulles électromagnétiques
ondes d’énergie
vagues d’amour
prières sincères
nous enveloppent
à l’assaut de l’isolement
la communication est notre sauveur
je t’entends
tu m’écris
nous nous relions
mais sans contact
la peau se rafraichit
malgré le soleil printanier
malgré les flammes de nos chœurs chantants
le toucher manque
Quand au goût
l’approvisionnement est bancal
les ventres s’inquiètent
certains paniquent
Je me réfugie dans des sphères de silence
le vide semble un bon moyen d’apprivoiser l’invisible
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