Les cris du jour ou l'écrit du jour ? C'est peut-être le texte de la semaine (et pourquoi pas de l'année ?!!!!)
directement sorti de mon inspiration poétique, où chacun est libre de traverser la frontière entre fiction et réalité...
Bonnes lectures !

samedi 3 janvier 2026

Futilités

Fût un temps
où ma plume chantait tel un roseau dans le vent

Fût-on prompts à s'étendre

Nous nous aimions en brassées de phrases
Dans les herbes tendres
Connectés aux verts moelleux de nos branches fleuries de rimes
Les mots coulaient à flot
Futiles ou profonds
Ils nous collaient des larmes aux cils
Et des sourires jusqu'aux fronts
La récolte était abondante
Les fruits juteux
Leur encre m'emportait au lieu de m'ancrer
Fluide et souple, elle allait et venait
Comme un souffle
C'était une nécessité
Respiration
Nourriture
Friandise
Illusion

L'essentiel est revenu
L'inspire
L'être
Fût-il présent

Là en tout cas
Dans un coin du cœur
Une ride aux yeux
Ligne de vie aux nombreux détours
Stoppée juste par quelques contemplations
Futur sans importance
Passé oublié
La source a de nouveau jailli
Au gré d'une réminiscence
Jamais tarie
Toujours prête à reprendre ses espiègleries
Empoigner quelques amis
En faire des bouquets
Paradis spontanés
Rayons éclaircis
Lumière naturelle

Fût-elle endormie
Son énergie palpite encore

Fût-elle endormie
Sa chaleur resplendit
 
 

mercredi 22 octobre 2025

Mots tissés

À la croisée des chemins
Ils se sont pris par la main
Les lignes de vie des unes se sont mêlées à celles des autres en un véritable écheveau
Certains sont partis au galop
D'autres ont henni en arrière
C'était un drôle de troupeau

De la cavalcade du début
Certains avaient disparu
Emportés par le courant
D'autres s'étaient accrochés
Celle qui reste à la rive
Celui qui part à la dérive
Ceux qui naviguent à vue
Celles qui montent à cru

J'aurais aimé les rejoindre
Entrer dans la danse
Suivre l'un
Écouter l'autre
Mais tous s'éloignaient
À mesure que j'approchais

Et j'ai repensé à la croisée des chemins
Celle où je m'étais perdu
La croisade des destins
Attiré par le beau temps d'ailleurs
Les herbes plus tendres
Les canopées sauvages
J'avais trouvé d'autres prairies grasses
Embrassé des pensées généreuses
À m'y noyer

Jusqu'à ton île
Tes joyeux rivages
D'autres les avaient déjà découverts
Mais quelle révélation
Une vie pour comprendre

Peut-être

Au fil des flots
Des vagues
Des déferlantes
Des 40e rugissants
À portée de vents
Aux points cardinaux

À la croisée des lendemains
Les lignes de vie des unes se sont emmêlées aux autres
Au chaos
Au cas où les routes auraient été trop simples
La piste s'est corsée
Métissée
Épicée
Parfois trop salée
Trop de piment finit par enflammer

De dosages en vagabondages
L'assaisonnement s'est affiné
Ô gratitude

Pourtant
À la croisée des chemins
Les mêmes questions ?

Les mêmes réponses ?

Des ponts au delà des déroutes
Des voies enferrées
D'autres entrouvertes
Vers des horizons apaisés
Comme des clins d'œil
Des bonjour à revoir
Des au revoir à entendre
Des embrassades
Au bord de toi
De nous
De vous
D'ils
Sans elles

Une absence

Un silence

Un oubli

Puis la mémoire qui surgit
Comme un lion
Retentissant
À en perdre haleine
Des souvenirs tapis dans les herbes hautes
Aux racines des arbres absents
Une plaine de manque
Lune pleine
Une planque

Réminiscences sous l'humus
Mots tus motus
Mémoires de millénaire
Millénium de mycélium
Filaments de réussites
Saupoudrés d'échecs
Réuchecs stratifiés sous des siècles d'échussites
Avant que la source jaillisse à nouveau
Vive et fraîche
Onde bienfaisante
Éclamoussante
Étoile fuyante
Pelote filante
Portée filiale
Cathédrale
Citadelle empierrée
Enluminure
Idée lumineuse
Idéal empêtré

À la croisée des chemins
Où le regard hésite entre la ligne droite
Et la courbe étroite
Revenir
Délaisser
Délasser
Délier
Déplier
Déployer
Épanouir
Des rencontres porteuses d'espoir
Tissent de nouveaux rêves

Jusqu'aux fleurs de nos nuits

 


 

mercredi 4 décembre 2024

Nouveau roman !

J’ai le plaisir de vous annoncer la sortie de mon nouveau livre ;-) Un petit supplément drame

Il s’agit d’un roman d’anticipation où le suspense et l’aventure croisent le courage et la quête de liberté.

Un petit supplément drame est disponible sur commande chez votre libraire préféré ou sur le site de Books on Demand (178 pages, 10€ + frais de port)

https://librairie.bod.fr/un-petit-supplement-drame-benoit-houssier-9782322539949

(cliquez sur ce lien pour lire une présentation de cette nouvelle histoire et découvrir un extrait)

Suivez Vasko et ses amis au fil de leurs explorations au cours desquelles ils franchissent les obstacles avec beaucoup d’audace. Ils découvrent des œuvres qui les questionnent ou les guide. Les événements les transforment et leurs choix les amènent à passer à l’action, à s’émanciper, à lutter contre les éléments et ceux qui les entravent. Mais ils ne peuvent compter que sur leur espoir pour améliorer leur condition.

Si vous étiez à leur place, seriez-vous prêts à remettre en question l’ordre établi ?




lundi 29 avril 2024

Les murmures de la forêt

Ravi de partager avec vous cette nouvelle histoire !

Pierre s’apprête à passer quelques jours dans une cabane en montagne. Il espère profiter du calme des lieux, mais sa tranquillité ne va pas durer.

Des murmures dans la forêt, des disparitions, des souvenirs qui s’effacent... et un groupe d’amis qui se bat pour éviter le pire. Arriveront-ils à leurs fins ?

La peur et le désir montent au fil des pages illustrées par Maud Morel. Une aventure à lire à partir de 14 ans, pour des lectrices et lecteurs amateurs de suspens qui ne craignent pas de passer de la lumière aux lieux les plus sombres.

Pour plus d’informations ou pour passer commande (60 pages, 10€ + frais de port) contactez Benoît Houssier au 06 64 97 94 84 / energieplume@gmail.com / www.energie-plume.fr

ou Maud Morel : maudmorel@kartaline.fr / www.kartaline.fr

Disponible aussi sur commande chez votre libraire préféré ou sur le site de Books on Demand https://librairie.bod.fr/les-murmures-de-la-foret-benoit-houssier-9782322536771

 


 

lundi 4 mars 2024

Les bras m’en tombent

Ça cogite dur dans la tête de la Vénus de Milo. Tout le monde ou presque se demande où sont passés ses bras et ce qu’ils font. Elle aussi aimerait bien le savoir. Elle en a marre de rester là sans bouger. « Avec tous ces passants qui me reluquent, l’œil en point d’interrogation, c’est vraiment malaisant, pense-t-elle. Et certains se le rincent, l’œil, en vérifiant si mes seins sont symétriques. D’autres les touchent carrément quand les gardiens ont le dos tourné ! Si seulement j’avais des bras, je leur collerais une bonne paire de claque. Ils ne resteraient pas de marbre ! Mais qu’est-ce qu’ils font ces fichus bras ? Ça fait tellement longtemps que je les attends que je ne me souviens même plus si j’en ai déjà eu. »

Elle décide donc d’embaucher un professionnel pour les retrouver. L’inspecteur Tommy Hanna mène l’enquête et rassemble les témoignages et indices qui pourraient le mettre sur une piste. Il étudie d’abord la déesse sous toutes ses coutures et constate que ce qui lui reste est plus court d’un côté que de l’autre. Il y a donc un déséquilibre entre les deux fugitifs.
« L’un a sûrement l’ascendant sur l’autre, c’est élémentaire », déclare-t-il. Par ailleurs, notre limier a observé des restes d’empreintes digitales suivies de traces de reptation qui prouvent que les fuyards utilisent leurs doigts pour avancer, suivis des bras ballants. L’inspecteur sait donc dans quelle direction ils sont partis, mais il ignore jusqu’où. « Assurément ils préparent un mauvais coup, estime-t-il. Depuis le temps qu’ils sont partis, ils espèrent s’être fait oublier ». Mais c’est sans compter la ténacité de l’inspecteur ! Il ne renonce jamais à une affaire et espère bien leur passer prochainement les menottes. Hélas, il doit bien reconnaître que pour le moment, ses pistes sont maigres. Mais se pose-t-il les bonnes questions ?

Que font les bras de Vénus ?
La question peut sembler saugrenusse,
Pourtant, ils doivent bien faire quelque chose, ces paires de radius, humérus et cubitus !
Pour le savoir, approchons de la belle immobile.
Sous ses airs impassibles, elle mime des gestes invisibles. Parfois elle s’étire, de temps à autre elle dabe, d’autres fois elle dirige un orchestre. D’ailleurs, si vous la posez dans une fosse, elle peut interpréter la tétralogie de Wagner sans attraper de crampe, ce qui n’est pas le cas de la plupart de ses confrères et consœurs. Il lui arrive aussi de crawler, de danser la Macarena et de faire atterrir des avions de ligne. Mais ce qu’elle préfère, c’est faire sauter des crêpes, tricoter de longues écharpes et faire semblant de conduire. Bien sûr, elle n’a pas le permis, mais on peut lui laisser le droit de se bercer d'illusions, non ?

Ce que l’inspecteur ignore aussi, c’est que les bras de la Vénus de Milo sont partis de leur propre chef. Parce qu’elle leur faisait faire n’importe quoi ! Et que j’te gratte dans le dos dans des angles impossibles à tenir, et que j’te rattache les sandales sans se baisser, du bout des doigts, pour jouer la gracieuse, et que j’te fasse des grands coucous aux autres statues du musée… Bref, ils en ont eu marre et ils l’ont plantée là. L’un est parti lancer le javelot aux jeux paralympiques avec un athlète manchot, l’autre pétrit de belles fournées chez le boulanger du quartier. Si la Vénus était matinale, elle le saurait, mais elle ne va jamais chercher les croissants, car en bonne déesse qui se respecte, elle émerge au moment de la sieste. À cette heure-là, ses bras se reposent, l’un d’avoir beaucoup pétri, l’autre d’avoir beaucoup lancé !

Pendant ce temps, l’inspecteur cherche toujours, tandis que dans la salle des arts religieux indiens, une déesse recompte ses bras : « 2, 4, 6, 8, 10, 12 ! C’est bien ce qui me semblait, j’en ai deux en trop ! » Le bras droit interpelle le bras gauche : « Pssst ! J’t’avais bien dit de tourner à gauche après la Joconde ! » « La quoi ? » « Mona Lisa, le sourire en coin là, t’en fais exprès ou quoi ? » La déesse ne supportant plus ces bravardages, elle s’ébroue et les deux intrus partent en rampant. « Oh les braslourds ! Bon débrarras ! » souffle-t-elle. Tandis que les bras de la Vénus s’éloignent en rampant. À force de chercher, ils retrouvent leur propriétaire. « Ah ! Vous voilà vous deux ! Vous avez longtemps brillé par votre absence ! Remettez-vous en place ! » Enfin, la main gauche couvre un sein et la droite l’autre. Et la Vénus sourit d’avoir retrouvé un peu d’intimité. Maintenant, elle peut s'afficher sur les réseaux, sans craindre la censure !

©Mr.stARTue

mercredi 3 janvier 2024

Terre rouge de honte

Il était une fois
une histoire que vous avez lue déjà
et que vous relirez hélas
celle d’un petit pays qui se croyait le plus classe

son roi était aussi prétentieux qu’arrogant
il n’avait que mépris pour son peuple et les honnêtes gens
son sport favori consistait à les séparer
contrairement à un bon berger

il aimait s’amuser à disperser son troupeau
beaucoup de ses moutons étaient soumis à ce hobereau
et si les rois précédents les avaient bien entraînés
lui avait décidé d’en faire les champions des manipulés

un temps, certains avaient manifesté et s’étaient rebellés
mais le roi avait envoyé ses chiens
il y eut beaucoup de déçus, des morts et pas mal de blessés
nombreux pensèrent que lutter ne servait plus à rien

leurs revendications étaient pourtant légitimes
vivre dignement, apprendre, se soigner, s’épanouir simplement
la plupart ne demandaient pas à devenir richissimes
réduire quelques inégalités seulement

malheureusement ni le roi ni ses sbires ne les écoutaient plus
ils avaient oublié le sens du bien commun
les anciennes valeurs étaient révolues
liberté égalité fraternité restaient au bord du chemin

comme dans d’autres royaumes
la peur s’installait
à part quelques mômes
la plupart s’isolaient

ailleurs les effrayait
ailleurs c’était pire
ailleurs il y avait la guerre
ailleurs d’autres les enviaient

alors ils fermaient leurs fenêtres
encouragés par leurs gouvernants
dictateurs et faux prêtres
ils n’ouvraient plus aux mendiants

les chefs, grands et petits, se frottaient les mains
barricader leurs territoires et vendre des armes
leur assurait de beaux lendemains
à contempler leurs trésors au milieu du vacarme

et si le bruit ne suffisait pas
ils soufflaient sur les braises
attisaient un scandale ici ou là
sans aucun malaise

par exemple dans ce petit pays dont le roi était si teigneux
il suffisait qu’un illustre vomisse les pires ignominies
pour que le monarque le soutienne de son air dédaigneux
érigeant le monstre en égérie

heureusement il restait quelques esprits libres
suffisamment éclairés pour démasquer les caricatures
reconnaître l’hypocrisie quand le cœur vibre
rappeler l’existence des victimes et déloger les impostures

ils n’étaient que quelques-uns à pourrir l’ambiance
une grosse poignée à cultiver la méfiance
à salir tout, soi-disant des pontes
sur notre Terre rouge de honte

pourtant ce sont leurs voix aigres qu’on entendait le plus
couvrant les cris des condamnés au terminus
bien que de généreux êtres brillaient par leur douceur
se rappelant que nous sommes tous frères et sœurs

un jour enfin
tous se réveillèrent
prenant conscience de leur force sans fin
ils jetèrent les rois, les renversèrent

les portes s’ouvrirent alors
les yeux aussi
ce fut une grande farandole de corps
et des rires résonnèrent jusqu’ici

une vague de poésie parcourut la Terre
devenue verte d’espoir
c’était le début d’une nouvelle ère
la paix resplendissait dans le noir

hélas le sursaut ne s’éternisa pas
l’optimisme passa de vie à trépas
les cyniques reprirent le pouvoir
et la fête ne dura qu’un soir

 

 Découvrez ce texte en vidéo : https://youtu.be/4ftZSPNIKLc?feature=shared

mardi 19 décembre 2023

Face au miroir

Penché sur cette image à l’envers, je m’observe tête en bas, pas tout à fait net avec les mouvements de l’eau. Je me penche plus près pour y voir plus clair… et PLOUF ! Je tombe dans l’eau. En-dessous, tout défile à contresens. Je remonte le temps, je revois mon passé, mes joies, mes peines, mes erreurs et je comprends. Jusqu’à présent je n’ai été que le reflet de moi-même, le négatif de mon portrait. Il est temps que l’orignal reprenne la place de la copie. Je remonte à la surface, je m’ébroue et je souris à la vie.


Peter Doig – Reflection

(what does your soul look like) 1996