Les cris du jour ou l'écrit du jour ? C'est peut-être le texte de la semaine (et pourquoi pas de l'année ?!!!!)
directement sorti de mon inspiration poétique, où chacun est libre de traverser la frontière entre fiction et réalité...
Bonnes lectures !

samedi 28 décembre 2019

Là où la lumière

Encore un sale coup de la sorcière nucléaire
qu’a promis plus que la lumière
nous sommes entrés dans son hiver
les poings sur tension
écrasés contre le béton de son sarcoeurphage de glace
la tempête a passé
et a paralysé nos paupières
position off
des engelures dans l’audace
de l’eau plein les godasses
le magicien d’ose ne passera plus
l’iode en surdose ne suffit plus
la terre a tremblé
la fissure a gémi
la sorcière nucléaire ricane à vilaines dents
son cœur profondément enterré
se fout du temps qui passe
les chiens peuvent aboyer
sa demi-vie passe passe et repasse
la sorcière nucléaire a plus d’un sale tour dans son sac
je me relèverais bien pour la foutre en vrac
mais c’est elle qui m’estomaque
la loi du plus fort reste la norme
pas la peine de chialer on nous avait prédit
un avenir irradié
alors je vous laisse à Dieu
de la neige carbonique plein l’écran
déjà je ne vous entend plus
emmurés dans le grand mazout
attendez si ça vous chante
de voir ce qu’il vous en coute
que la sorcière vous mette à bouillir dans son chaudroncercueil
je me taille
je quitte l’artère
j’emprunte les chemins creux
dans les sillons des poignets
avant que la déflagration ne les tranche
je n’attends plus la fée électrocutée
en tentant de sauver un ours polaire pendu à une guirlande clignotante
elle s’est étouffée avec sa baguette
trop grosse tartine
ciao frangine
ciao les frangins
emportant vos souvenirs dans mes narines
j’aimerais que vos stores se lèvent sur des matins aussi beaux que les miens
le regard plongé dans celui des arbres

je vais
là où la lumière
est

jeudi 28 novembre 2019

Rêves d'automne



Préférer le rêve ou la réalité

Au rêve je confie mes souhaits
au rêve j’explore mes vies inconnues
au rêve j’arrive sur des rives à la dérive sans rester rivé aux pentes en devers de réalités ivres

À la réalité j’envie des gens j’aimerais leur vie
au rêve j’oublie la jalousie
je vole avec la grâce d’une Andalouse
sans me soucier de choisir entre désir et envies

En réalité je prends mes rêves pour des extraits
des petits bouts d’autres vies que je vis en vrai
alors que m’importe de savoir que la physique la morale et la philosophie construisent des frontières pour séparer rêve et réalité
ma vie nourrit mes rêves
et mes rêves colorent ma vie


-----------------------------


Les rêves absents

Lorsque mes rêves s’absentent
ni où ni qui ni quand se mettent à clapoter d’une rive à l’autre
et me hantent en grève
il plane alors un parfum d’éternité


-----------------------------


Un rêve d’amour

Il y a cette porte qui s’éloigne
qui s’éloigne comme par peur
par peur ou par jeu
je ne sais pas si elle a peur
mais elle s’éloigne
elle s’éloigne et ses lois
ne correspondent plus
aux miennes
aux miennes plus classiques
où les portes ne s’éloignent pas
où les autoroutes avancent à toute allure
à toute allure sans se cacher dans les coins sombres
à toute lumière sous la lune
illuminant portes et routes dans un éclat de soleil
un éclat de soleil de vie
comme un éclat d’amour
d’amour et d’espace
un espace spacieux spatial et sans retour
un amour sans retour
qui va de l’avant
pas comme une porte
qui fait marche arrière
un amour sans retard
pour un voyage sans retour
un éclat d’amour
un amour tout court

Texte inspiré du « rêve en action » de l’excellent Ghérasim Luca.


-----------------------------


Je suis couvert de rêves

Je rêve
je rêve dans ma tête
je rêve dans mes pieds
je rêve de la tête aux pieds
je suis couvert des pieds à la tête
d’un manteau de rêve en peau de verre
cousu de songes désireux à souhaits
à vos souhaits et aux miens
des envies en veux-tu en voilà
en voilà des envies
des envies de vie
surtout dans la mort de la nuit
dans les nuits sans rêves
des nuits d’ennui
des nuits sans repos
des nuits réveillé
suivies de jours ensommeillés
des course-poursuites
de jour et de nuit
des jours mal réveillés
des jours esseulés
des jours isolés
des rêves de vous
des rêves de nous
de toi
de toit
de toits pour tous
et tous pour un
au fil du fleuret
pour en découdre
à la fleur du fil
pour coudre des rêves
cousus de fil blanc
pour ne pas perdre le fil
le fil d’une histoire
une histoire de perdue
dix de retrouvées
une histoire sans queue ni tête
qui rampe sur les coudes et les genoux
puis les articulations qui articulent
pour se redresser
et mettre les mots bien droit
pour ouvrir les bras
embrasser de doux rêves
sous une couette de duvet douillet
ronron papattes en croix sous l’oreiller
et ron et ron petits rêves dans mes petons
et ron et ron petits rêves entêtés

Texte inspiré du « rêve en action » de l’excellent Ghérasim Luca.

mercredi 27 novembre 2019

Pays de

Pays de sombritude
pays de sombre habitude
où la compétition domine
pour mieux engluer les plus faibles
au détriment des moins fiables
tu ne t’es pas fait tout seul
il y en a bien
qui les premiers
ont jeté les ponts
certains ont jeté l’éponge
et ping et pong
tu nous balades dans tes bas fonds
à nous smasher la tête
à nous enfermer dans tes filets
mais pauvre con de pays qui prend son cul pour une trompette
ton filet est plein de trous
et des petits malins passent et repassent
jeu
set
et match
pour se jouer de toi

Pays de maladie
pays de furoncles et de cancrelats
tu te crois plus fort
mais tu n’es rien
tu vis juste dans l’illusion
d’avoir trois coups d’avance
alors que tu as dix trains de retard
trop occupé à regarder de haut
tu ne vois pas la débandade en bas
de ceux que tu croyais asservir
ta barcasse prend l’eau
pays de marins d’eau douce
tu vas couler
et tes idées avec

Pays de patriarches
pays de machos
pays de porte-flingues
pays de salauds
ta fin est proche
profite encore un peu de tes certitudes
bientôt tu ne seras plus que doutes

Pays de sueur
pays de répétitions suintantes
pays de déjà vu
ankylosé
des fourmis dans les yeux
paralysé dans tes positions ridicules
comment veux-tu
comment veux-tu

Pays rongé dans l’enlisement
tu t’étouffes
dans ta course-poursuite
après le temps
sonnant et trébuchant

Pays de misère crasse
où une banane vaut autant qu’une maison
où une bourse vaut plus que la vie
tu t’assourdis dans les hurlements que tu provoques

Pays sans fond
sans vergogne
tout bringuebalant
qui va bientôt s’effondrer
comme un château de carte
ta puanteur me réveille la nuit

Pays de désolation
tu abandonnes tes enfants
tu les livres à l’individualisme le plus désespérant
au bord d’un puits sans fin
où bientôt ils te pousseront
personne ne regrettera ta sombre noirceur
lorsque la lumière sera revenue


 

Texte inspiré de « ma terre est un fond d’océan » de l’excellent Serge Lamothe.

vendredi 18 octobre 2019

Tourisme spatial


En 2001, le premier touriste de l’espace a voyagé 10 jours pour la modique somme de 20 millions d’euros. Avec mon fils, j’ai calculé qu’en gagnant modestement 20000€ par an, un salarié devrait travailler 100 ans pour s’offrir 1 jour de voyage ! Je vous laisse calculer le coût de l’escapade de 10 jours (sans compter les dépenses du quotidien pendant cette période… mais ne soyons pas mesquin ;-)

lundi 30 septembre 2019

Plonger dans la grande vague

Lorsque l’horizon n’est pas loin
lorsque cette ligne semble si proche
l’observateur pourrait être assuré de l’atteindre
il suffirait d’un pas
il suffirait de franchir la limite
il suffirait d’embarquer sans peur
mais les doigts crochus de l’inquiétude
se dressent avides telles des mâchoires
prêtes à tout avaler sur leur passage
ce pourrait être une gifle qui s’abat
ce pourrait être simplement
un coup de marteau sur une enclume
mais ce sont les éléments déchainés
auxquels osent se frotter les inconscients
seuls les esprits aventureux peuvent rivaliser avec la nature
hélas certains n’en reviennent pas




mardi 24 septembre 2019

Le vide sait

Le vide c’est
cette étrange absence
un pont entre le clair et l’obscur
un retour en arrière
ce passé si plein
quelqu’un était là à l’instant
dos appuyé sur les barreaux de bois
vous l’avez vu n’est-ce pas

Le vide est une pause
une attente
qui passe de l’ombre à la lumière
cet avenir froissé
l’incertitude de ce qui va advenir
qui sait ce qui va se passer

Le vide est une brèche
une ouverture dans des oppositions
qui déchirent un instant nébuleux
où des courbes pourraient mener de l’avant à l’après

Le vide est un silence pesant
un doute sans fond
semblant appeler à rire
pour briser les frontières
à coups d’échos

Le vide est une bouteille à la mer
dont le message reste sans réponse
l’expéditeur attend
supportant une petite musique mièvre
une information en boucle
on s’occupera bientôt de vous
on s’occupera bientôt de vous

Mais l’attente s’éternise
l’impatient reste sur la plage
bras ballants
espérant de toutes ses forces
colle ses oreilles aux vagues
à s’en briser les tympans
les flots lui chuchotent des phrases incompréhensibles
qui ne lui sont pas destinées

L’écume des nuits est plus douce que celle des jours

Les fonds sont bien plus lumineux qu’on ne le pense

Il y a toujours de la vie même dans les plus petits creux

Au loin le vent siffle
l’impatient longe la plage
continue de hurler contre les déferlantes
tombe nez à nez avec sa bouteille sans message
qui lui répond un chant vide
creux comme un jour sans plein

mardi 17 septembre 2019

Solidarité et automobile

N’est-ce pas incroyable toute cette mécanique bourrée de technologie qui nous transporte sans rechigner pendant des années et qui part en fumée dans un rugissement de moteur désespéré ? Je dis ça parce qu’hier soir, ma voiture m’a offert un grand spectacle digne des meilleures prestations pyrotechniques, au point de laisser penser aux habitants du quartier qu’un grand incendie venait de se déclarer ! Mais plus impressionnant que dramatique, cet épisode, où il n’y avait que de la fumée sans feu, a ouvert une sorte de faille spatio-temporelle dans mon emploi du temps et laissé la place à des rencontres imprévues.

Lorsqu’on tourne la clé dans le contact on n’a pas conscience que c’est peut-être la dernière fois. Combien de fois démarre-t-on ce fabuleux résultat d’une grande ingéniosité, cet aboutissement de longues études, de tests de prototypes, ce produit issu d’une industrie pharaonique ? Les nombreux ouvriers, techniciennes et autres ingénieurs qui dépendent du secteur réalisent-ils à quel point notre quotidien est entre leurs mains ? Du jour au lendemain, on se retrouve à pied, et s’enclenche un processus plein de rebondissements : annulation de rendez-vous, suivi de l’affaire avec l’assurance, échanges avec le dépanneur qui prend en charge le véhicule, etc.

Heureusement, un ami arrive ! Sans lui, point de salut. Cet ange-gardien vous épaule, et surtout vous véhicule le temps de régler cette affaire qui devient prioritaire et remise les autres activités en cours au rang de lointains souvenirs. Un bonheur n’arrivant jamais seul, une amie répond présente, immédiatement elle aussi, et vous prête sa voiture quelques jours, en attendant de trouver une solution à cet épineux problème. Que demander de plus ? Une nouvelle voiture ?

Le garage qui prend en charge la voiture moribonde et l’assurance préconisent le même cap : la casse. Il est vrai que le coup de théâtre du bolide laisse penser que la situation est désespérée ! Donc, la suite logique s’impose : vider le véhicule de tous ces petits trésors accumulés au fil des kilomètres, laisser la poussière sur les tapis et le réservoir quasi plein, puis déposer les clés et la carte grise à l’accueil avec un léger sentiment d’injustice et de gâchis. Le garage est sympa, il propose des occasions mais « Vu votre situation, nous ne pouvons pas envisager de prime à la casse et encore moins de prime à la conversion ». Je vous épargne le prix des occasions proposées, sans aucune cohérence avec la situation, le vendeur ne mesure évidemment pas que vous venez de perdre une voiture, de l’argent et que vous allez devoir faire face à une grosse dépense imprévue. On est toujours un peu mesquin dans ces cas-là, non ? Mais ne perdons pas de temps, allons au plus simple, cherchons un véhicule de remplacement.

Je vous la fait courte : mon garagiste habituel est un type malin et généreux. Alors que je lui rends visite pour voir s’il n’aurait pas une petite occasion pas chère, il me demande pourquoi j’envoie ma voiture à la casse alors qu’il sait où me trouver un moteur de rechange ! Vive le recyclage ! Je retrouverai donc mon fidèle destrier pour une seconde vie la semaine prochaine et, en attendant, l’enchainement heureux se poursuit avec un autre ami qui transmet l’info à une autre amie qui va me prêter sa voiture jusqu’à ce que je retrouve la mienne. Elle est pas belle la vie ?

Au début, la situation pouvait paraître tragique, on aurait pu se laisser emporter par l’émotion, mais quand on a une bonne étoile, on ne se refait pas, on attend la fin de l’averse en philosophant joyeusement : allons, ça pourrait être pire ! Et au moment où cette pensée vous traverse, vous croisez une amie en voiture qui vous interpelle en disant : « Hé, salut ! Comment tu vas ? Ça faisait longtemps ! Oups, excuse-moi, je remets ma perruque… », conclut-elle, en dissimulant coquettement une jolie boule à Z. Et de raconter comment se passe le traitement, la réorganisation du quotidien et les réactions de l’entourage. Je suis content de la revoir en forme et comme je lui raconte mes déboires automobiles, en précisant que je préfère ça qu’une patte cassée, elle me propose de me servir de taxi puisqu’elle est dispo en ce moment, et ajoute dans un éclat de rire : « Ça vaut mieux qu’une bonne chimio ! »

Que tous ceux qui ont gentiment proposé d’autres solutions que celles exposées ici, ou simplement été présent, ainsi que ceux qui se reconnaissent dans cette histoire, soient copieusement remerciés. Votre humanité est un trésor inestimable. Que la vie vous gâte chers amis !