Les cris du jour ou l'écrit du jour ? C'est peut-être le texte de la semaine (et pourquoi pas de l'année ?!!!!)
directement sorti de mon inspiration poétique, où chacun est libre de traverser la frontière entre fiction et réalité...
Bonnes lectures !

mercredi 18 novembre 2015

Devinette #2

Il chante des paroles mystérieuses
apprises au cours de voyages aux longs cours
il porte fièrement les ailes des géants
et fait tournoyer des couleurs parfumées
à en décoiffer les élégantes

Parfois une giffle
un claquement de paupière
son haleine chaude ou rafraichissante
a le pouvoir d'entretenir la flamme

Toujours il court après les vaisseaux du ciel
et fait danser les branches des saules

Atelier d’écriture, Crest'Actif, Mercredi 18 novembre 2015
où j'avais proposé de rédiger un texte sur un objet, sans le nommer, inspiré de "La nuit" de Queneau.

jeudi 12 novembre 2015

Devinette #1

D'abord une légère ouverture
discret frémissement
vibration d'une corde de brume

Puis crescendo l'envol d'une bulle
contemplé par les sentinelles de pierre

Enfin un fruit mûr
point d'orgue sur l'horizon
salué par la symphonie des oiseaux s'éveillant
au son de cette si simple chanson

Atelier d’écriture, MJC de Saint Georges les Bains, Jeudi 12 novembre 2015
où j'avais proposé de rédiger un texte sur un objet, sans le nommer, inspiré de "La nuit" de Queneau.

lundi 9 novembre 2015

De portes en portes

Alice n'avait jamais osé lever le loquet qui tenait fermée la porte de la cave de sa grand-mère. C'était une lourde porte. Alice n'était qu'une enfant et, malgré sa petite taille, elle savait qu'elle devrait se pencher pour passer sous le linteau de pierre taillée. "Attention à la tête !", s'entendit-telle penser tout haut. Elle prit son courage à deux mains et dû s'y reprendre à plusieurs fois, usant de forces qu'elle ne se connaissait pas pour parvenir à pousser l'épais panneau de bois. La porte grinça, craqua et un souffle humide accueillit Alice qui recula d'un pas. Ces yeux ne s'habituèrent pas immédiatement à l'obscurité mais lorsqu'elle parvint à distinguer ce qu'il y avait de l'autre côté, elle fut surprise de constater que seules quelques marches la conduisaient à une seconde porte plus massive encore en métal celle-ci et verrouillée par un froid volant de fer. Alice hésita, sentant l'humidité l'envahir et percevant la lumière derrière elle. Mais avant qu'elle ne se décide, un courant d'air fit claquer la porte de la cave et elle n'eut d'autre choix que de tourner le volant et de franchir ce nouveau seuil. Un long couloir l'attendait, baigné d'une lueur bleutée. Une légère odeur d'ammoniac incommodait Alice qui avançait malgré tout avec assurance. Au bout du couloir, trois portes s'offraient à elle. Une porte percée d'un cœur, une autre permettant de jeter un œil au travers d'un judas et une troisième ressemblant à s'y méprendre à une porte de coffre fort, encore fumante d'un hold-up récent. Alice plongea son œil dans le judas et se réveilla.

Atelier d’écriture, MJC de Portes-lès-Valence, Lundi 9 novembre 2015
où j'avais proposé de rédiger un texte à partir d'une liste de portes !

mercredi 28 octobre 2015

Ayers Rock

Douceur de l'abrasion rouge
Le souffle chaud caresse sans hâte
La Terre chante
Contemplée par le ciel
Je me dresse au milieu

Atelier d’écriture, Crest'Actif, Mercredi 28 octobre 2015
où j'avais proposé de rédiger un texte court, piochant dans une précédente production liée à une image, de préférence un lieu où l'on n'est jamais allé, mais sur lequel on écrirait comme si on y était !

 

lundi 12 octobre 2015

Portrait surréaliste

C'est un ciel breton ponctué de rires d'enfants. Il aspire à la vérité comme s'il voulait apprivoiser un fauteuil divin. Il chaloupe de vagues en dunes tel un poulpe tentaculaire transformé en machine à tout faire mais surtout la paix, crémeuse comme un câlin d'hiver et goûtue et parfumée comme un bord de mer.

Atelier d’écriture, MJC de Portes les Valence, Lundi 12 octobre 2015
où j'avais proposé de rédiger un portrait surréaliste, piochant dans des catégories descriptives liées à un plat, un animal, un objet, une humeur, un rêve, un air.

Portrait métaphorique

Sa voix résonne tel un froissement d'air. Puis, une effluve puissante vous envahit. Enfin, une présence, la sensation d'être traqué par une bête affamée. Un torrent de sueur glisse sur votre échine et vous restez subjugué. Une forêt de troncs se faufile sur un soleil couchant. L'acrobate céleste est là. Il a la noblesse de la plénitude. Cette athlète surentrainé, fort comme un lutteur grec et souple comme un yogi, sort son arsenal de coutelier et bondit sur sa proie, prêt à dévorer la vie.

Atelier d’écriture, MJC de Portes les Valence, Lundi 12 octobre 2015
où j'avais proposé de rédiger un portrait multipliant les images et comparaisons.

mardi 29 septembre 2015

Tu es l'unique

Tu t'inventes des frères et tu joues avec des sœurs que tu apprivoises. Tu t'imagines un avenir aux mille facettes. Tantôt pirate, cosmonaute, docteur, explorateur, tu changes d'identité au gré de tes humeurs, au fil des jours, d'heure en heure. Ton monde est posé délicatement sur les épaules de ton père et bien au chaud dans le cœur de ta mère. Tu trottines de l'un à l'autre. Ta petite enfance est déjà loin, elle a pris fin il y a cinq bonnes minutes et tu redoutes déjà de grandir et de mourir ! L'instant d'après, tu t'envoles dans une fusée pour aller vérifier qu'il y a bien d'autres êtres dans l'univers. Demain, tu résoudras l'énigme des trous noirs, aujourd'hui, tu demandes poliment si tu peux écouter une histoire de plus ce soir.

Portrait produit lors d'un atelier d'écriture animé par Monique Domergue, à la Médiathèque de Bourg les Valence, inspiré par Charles Juliet.